marseille matière

d’un côté du hublot, les yeux chutent, s’écrasent à la roche. de l’autre côté, files/memory/21-22-marseille, les yeux s’écrasent aux souvenirs.

les séjours se superposent aux séjours qui se superposent aux séjours qui se superposent à. j’explore toujours les façons possibles de l’enterrer.

les roues de l’avion se déploient, rebondissent sur la langue de terre de presque-marseille, étroite et bordée d’eau comme le train vers presque-venise. six-cents kilomètres logés dans la même tristesse.

une demi-heure plus tard, c’est un mur : tu t’écrases ou – contourne. derrière, les choses s’effacent.

c’est le vingt-troisième soir de mai, les gens sautent du haut de la corniche. tu prends un bout de roche tombée, te tournes vers moi et dis : tu avais trois choix, tu as fait le pire.

je répète ta phrase, sans sommeil la répète jusqu’au septième jour. au réveil je vois plus loin : les yeux ne s’écrasent plus.

maintenant j’avance dans une masse, d’amour j’avance : des corps qui répondent sans parler. il fait vraiment si chaud. les yeux ne s’écrasent plus, on en reveut. derrière les choses s’effacent.

Ce texte a été écrit lors d’une résidence à Studio Méridional pour l’exposition Corpus Marseille qui a eu lieu au Centre international de poésie Marseille du 12 juin au 6 septembre 2025.